INTERVIEW EXCLUSIVE : MAMADOU BOBO DIALLO DGA DU FDES

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« En 2020 nous avons exécuté quatorze (14) projets dans les secteurs sociaux (des écoles, des postes de santé) dans les régions de Labé (Kanssagui dans Tougué, khaira et ferifeto dans Mali yemberein), de Mamou (bouliwel, à Kébaly dans Dalaba) et de Kankan et de Siguiri. »

Mamadou Bobo Diallo est Directeur Général Adjoint du Fonds de Développement Économique et Social (FDES) depuis 2016. Il a été précédemment au Bureau de Contrôle des Grands Projets, membre du Conseil d’Administration du Fonds d’Entretien Routier (FER), membre du Conseil d’Administration de Énergie De Guinée (EDG), point focal de l’UCEP au MPDE. Bref Mamadou Bobo Diallo est l’une des pierres angulaires dans le dispositif du MPDE. À travers l’interview qui suit, Il répond ici aux questions du Service Communication et Relations Publiques MPDE.

Service Communication Relations Publiques :    Monsieur le Directeur, faites-nous un peu, l’historique du FDES.

Mamadou Bobo Diallo : Le FDES a été créé par décret n° 161 du 8 juillet 2014 et mis à la disposition du Ministère du Plan, il consiste à la mise en place d’une Institution Financière autonome destinée à mobiliser et gérer de ressources Nationales et Internationales. Sa mission principale s’articule autour de quatre (4) sous-programmes qui sont :

  • Les services Financiers
  • Les services non-financiers
  • La gouvernance locale (infrastructures Sociales)
  • La gouvernance économique (infrastructures économiques)

Ces quatre (4) sous-programmes sont mis en place conforment au rapport d’évaluation d’un cabinet recruté par et sur financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) entre 2012-2013. Ce cabinet a élaboré une étude de faisabilité sur la base de l’expérience du projet du PDSD II (Projet du Développement Social Durable) en sa première et deuxième phase que nous avons hérité. Ce projet couvrait les zones de la Moyenne Guinée et la Haute Guinée et avait son siège social à Labé. C’est suite à la performance du PDSD que la BAD a initié la mise en place du Fonds de Développement Économique et Social pour non seulement pérenniser les actions, mais aussi et surtout élargir pour faire bénéficier les autres régions notamment la Basse Guinée et la Guinée Forestière.

SCRP :    Le Fond du développement Économique et Sociale (FDES) est un dispositif d’intervention financière mise en place par l’État Guinéen, concrètement à quoi sert-il ?

MBD : Le FDES agira comme un facteur de mobilisation de ressources et de distribution selon les programmes et projets sectoriels en rapport avec les bénéficiaires et nous on ne gère pas directement les fonds sur le terrain. Dans sa nature généraliste le FDES continuera d’agir dans la même dynamique du PDSD (Projet du Développement Social Durable) que nous avons hérité pour soutenir le développement local. Ce sont entre autres des taches que nous exécutons à présent.

SCRP : Quel est le Budget annuel du FDES ?

 

MBD : Le montant global avoisine les Soixante-dix (70) à quatre-vingts (80) milliards de francs guinéens. Les études commanditées par la BAD ont fait l’objet de rapport avec un Plan d’affaire d’un montant environ 185 millions d’Euro. Ce montant est destiné au financement des sous-programmes :

  • Service financier
  • Service non financier
  • Gouvernance locale (infrastructures sociales)
  • Gouvernance locale (Infrastructure économique)

Le FDES est un établissement public à caractère administratif doté d’une autonomie financière qui a deux sources de financement :

  • Le premier c’est le financement de l’État, chaque année l’Etat nous accorde dans son fonctionnement un montant environ de deux (2) milliards de francs guinéens pour le fonctionnement de cet établissement.

En fonction des projets d’investissement que nous avons sur le titre IV. Nous défendons les différents arbitrages ce montant qui n’est pas fixe, mais chaque nous recevons parfois une enveloppe qu’on nous accorde.

  • Le deuxième financement : c’est les interventions connexes de certains bailleurs de fonds.

SCRP : Quels sont les différents secteurs d’activités pris en compte par ce fonds ?

MBD : Sur la mission principale, nous intervenons dans chaque cadre sous-programmes. Vous savez en matière d’investissement c’est la gouvernance locale c’est-à-dire les infrastructures sociales (Ecoles, des postes de santés etc.). De l’autre côté nous avons des infrastructures économiques dans le cadre de la gouvernance locale exactement (infrastructures marchandes, des ouvrages d’Art etc. qui permettent aux bénéficiaires de faire quelques rentabilités. Ces bénéficiaires doivent ouvrir des comptes bancaires au niveau des institutions de micro-finances ou on leur accorde un petit intérêt de l’autre côté pour faire bénéficier d’autres potentiels qui n’ont pas bénéficié au départ.

SCRP : Quels sont les dossiers prioritaires bancables ?

MBD : Ce sont des dossiers qui ont fait l’objet d’études, nous en avons beaucoup parce qu’après l’expérience que nous avons eu dans les deux régions de la Moyenne Guinée et de la Haute Guinée où nous avons réalisé plusieurs infrastructures et nous avons fait une extension pour la Basse Guinée et la Guinée Forestière, nous avons répertorié  près de cent vingt (120) projets d’infrastructures socio-économique de base, les dossiers d’appel d’offre sont disponibles et prioritaires chez nous et nous sommes à la recherche du financement pour la réalisation des projets.

SCRP : Quelles sont les conditions pour qu’un projet soit bancable ?

MBD : Nous faisons de façon participative, parce que nous allons vers les collectivités décentralisées, pour discuter avec elles sur la base de leur plan annuel de développement local et en suite nous relevons les Priorités et faisons des études avant d’aller à la recherche du financement et à date nous avons les dossiers des secteurs sociaux (des écoles, des postes de santés, des ouvrages d’Art et du secteur hydraulique).

SCRP : Ce FDES peut-il accorder des prêts particuliers pour l’organisation des activités génératrices de revenus ?

MBD : Exactement, le premier sous-programme qu’on appelle le service financier. Il s’agit de simuler la création d’emploi et les activités génératrices de revenus à travers les institutions de micro-finances, nous mettons des crédits à la disposition des micro-finances ou nous signons des accords elles. A leur tour, elles signent des accords avec les micro-projets générateurs de revenus pour financer et nous travaillons sur le système de revolving. (Le crédit « revolving » est un type de crédit à la consommation. Il se caractérise par le fait que l’établissement financier prêteur de ce crédit, met d’une manière permanente à la disposition de l’emprunteur une somme d’argent avec laquelle ce dernier peut financer les achats de son choix).

SCRP : Comment le FDES favorise-t-il le développement économique et Social en Guinée ?

MBD : Le FDES favorise le développement économique parce qu’il intervient dans les quatre (4) sous-programmes à savoir :

1-La gouvernance locale (infrastructures Sociales)

2-La gouvernance économique (infrastructures économiques)

3-Les services Financiers

4-Les services non-financiers

Les quatre (4) sous-programmes soutiennent le Développement Economique et Sociale de la République de Guinée.

SCRP : Quelles ont été les interventions du FDES durant l’année 2020 ?

MBD : En 2020 nous avons exécuté quatorze (14) projets dans les secteurs sociaux (des écoles, des postes de santé) dans les régions de Labé (Kanssagui dans Tougué, khaira et ferifeto dans Mali yenberin), de Mamou (bouliwel, à Kébaly dans Dalaba) et de Kankan (Siguiri). A Kankan et Siguiri nous réalisé aussi des écoles, des postes de santé et un ouvrage de franchissement, un pont qui fait 12 mètres de long>>.

SCRP : Quel est l’impact de la pandémie du COVID-19 sur les activités du FDES ?

MBD : Le COVID-19 a impacté négativement la réalisation de nos projets, parce que la pandémie a réduit toutes nos activités même dans la recherche du financement pour les projets.

SCRP : Quels sont vos projets en perspective ?

MBD : Nous avons assez de projets. Nous avons des relations avec la Banque Arabes pour le développement économique en Afrique (BADEA) où nous avons eu deux accords de financements, des appuis institutionnels pour l’autonomisation des femmes et des micro-projets qui couvrent les quatre (4) Régions de la Guinée. Nous avons identifié deux préfectures par région et les accords sont signés. Actuellement nous sommes dans la procédure de passation de marchés pour les acquisitions, les études et quelques volets de formations. Nous venons juste de finir une réunion avec le consultant de la BADEA et les ONG bénéficiaires pour accélérer le processus.  Nous avons cinquante (50) projets qui ont fait l’objet d’études qui sont déjà disponibles. Les fonds sont inscrits dans le budget 2021 et très bientôt nous allons lancer les appels d’offre pour la réalisation de ces projets.

En fin nous avons autres idées de projets à soumettre aux bailleurs de fonds pour les quatre (4) sous-programmes relevant de nos attributions.

Entretien réalisé par AKIN Saliou

Retranscription : Daouda BAH