Discours de Son Excellence Dr Ibrahima Kassory Fofana, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, à l’occasion du lancement du processus d’élaboration du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2021-2025.

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« Je saisis l’occasion de cet atelier pour réitérer mes vives félicitations à Madame la Ministre du Plan et du Développement Économique pour le travail accompli. Ses innombrables et remarquables efforts pour réformer le système national de planification ont permis à notre pays »

  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Constitutionnelles

  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
  • Mesdames et Messieurs les représentants des corps diplomatiques et consulaires et des organisations internationales partenaires ;

  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques ;
  • Mesdames et Messieurs, les Représentants de la Société civile, du secteur Privé et des organisations diverses,

  • Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour votre présence aujourd’hui à cet atelier, consacré au lancement officiel du processus d’élaboration du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) pour la période 2021-2025.

Émile Girardin disait que « Gouverner, c’est prévoir, et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte ».

Gouverner, en effet, c’est faire des choix, pour aujourd’hui et pour demain, pour le présent et pour le futur. C’est la meilleure manière de prendre en main le cours de notre destin.

Depuis un peu plus d’une décennie, le mouvement de planification connait un certain renouveau, notamment avec la nouvelle dynamique, ou plutôt la réhabilitation effective du processus de Planification-Programmation-Budgétisation-Suivi-Évaluation (PPBSE).

Je saisis l’occasion de cet atelier pour réitérer mes vives félicitations à Madame la Ministre du Plan et du Développement Économique pour le travail accompli. Ses innombrables et remarquables efforts pour réformer le système national de planification ont permis à notre pays :

  • de se fixer un cap pour son émergence, articulé autour de la Vision « Guinée 2040 » ;
  • de définir une trajectoire programmatique pour son développement, avec la mécanique des plans quinquennaux ;
  • et enfin de digitaliser la gestion des investissements publics à travers un système intégré, sécurisé et plus performant.

 Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Comme vous le savez, la programmation à venir porte sur la deuxième génération du Plan national de développement économique et social (PNDES).

La première génération ou PNDES I a porté sur la période 2016-2020. Sa mise en oeuvre s’est opérée dans un environnement macroéconomique globalement stable, en dépit des troubles socio-politiques qui ont marqué les années 2018 à 2020.

Ce PNDES I a contribué à placer la Guinée sur une trajectoire de forte croissance économique, et ce dès le début de sa mise en oeuvre.

Le produit intérieur brut (PIB), mesure de la création de richesse nationale, a progressé d’environ 10,4% en 2016 et 2017, avant de se stabiliser autour de 6% pour les années suivantes.

Cette robuste croissance s’inscrit dans le cadre d’une performance économique plus large : les indicateurs macroéconomiques ont été stabilisés, le secteur minier a été relancé et l’attractivité économique de la Guinée s’est renforcée, comme en témoigne l’important volume d’investissements, environ 30% du PIB, que notre pays a enregistré sur la période couverte par le PNDES I.

Mesdames et Messieurs, cette performance économique n’a pas été une évolution abstraite. Ses effets commencent être perceptibles sur les conditions de vie des Guinéens.

Sur le plan social, le revenu par tête a progressé de 5,3% en moyenne par an, sous l’effet de la croissance relativement élevée du PIB, dépassant ainsi d’un point la cible de 4,3% retenue par le PNDES au titre de l’année 2019.

À ce titre, je crois que nous pouvons également nous réjouir du recul notable de la pauvreté et des inégalités en Guinée.

La dernière enquête réalisée par l’Institut national de la statistique, avec l’appui de la Banque mondiale, a établi que la pauvreté concerne désormais 43,7% de la population, alors que 55% de la population vivaient encore en situation de pauvreté en 2012. C’est une baisse de la pauvreté de plus de dix (10) points sur la décennie passée.

Par ailleurs, les inégalités économiques et sociales, mesurées à travers l’indice de Gini, ont également marqué un recul, avec un indice passé de 0,32 en 2012 à 0,28 en 2019, ce qui traduit ainsi l’impact positif des politiques publiques mises en oeuvre par le Gouvernement, sous le leadership du Président Alpha Condé, et des efforts de redistribution associés.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Ces évolutions ont eu pour effet une amélioration des conditions de vie des ménages, comme l’attestent plus indicateurs sociaux :

  • le taux d’alphabétisation (chez les 15 ans et plus) est passé de 34% en 2012 à 40% en 2019 ;
  • la proportion des ménages ayant accès à l’eau potable a progressé de 68% en 2012 à 78% en 2019 ;
  • le pourcentage de ménages s’éclairant à l’électricité est passé de 18,5% en 2012 à 42% en 2019 ;
  • le taux de scolarité́ au primaire est passé de 58% en 2012 à 65% en 2019.

Cependant, la crise sanitaire actuelle, liée à la COVID-19, tend à annihiler ces bonnes performances enregistrées dans la mise en oeuvre du PNDES 2016-2020 avec la perte consécutive de bien-être des ménages, induite par une détérioration des conditions de vie et une aggravation de la pauvreté et des inégalités.

Dans ce contexte, pour relever le double défi de la pandémie de la COVID-19 et faire face à la résurgence du virus Ébola dans notre pays, il apparait nécessaire d’inscrire le Plan de riposte et la Stratégie nationale de lutte contre la COVID-19 dans le cadre plus structurant et plus global du PNDES II.

En tant que référentiel programmatique unique des actions de développement, le PNDES II devra refléter la volonté politique du Président de la République de « gouverner autrement ».

Le PNDES II devra, dans cette perspective, prendre en compte, outre les recommandations stratégiques et opérationnelles des études thématiques lancées dans le cadre du processus d’élaboration, les orientations politiques du sexennat 2020-2026, à savoir :

  • la promotion d’une démocratie apaisée et orientée vers le développement économique ;
  • le renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des affaires publiques, en particulier économiques ;
  • le partage de la prospérité économique au plus grand nombre de Guinéens ;
  • l’élargissement de l’accès du plan nombre au numérique et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication ;
  • le renforcement des capacités productives ;
  • l’investissement au profit de l’autonomisation des femmes et des jeunes.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Pour la prise en compte des orientations politiques que je viens de mentionner, vous me permettrez de rappeler ici les cinq (5) principes directeurs qui devraient guider le processus d’élaboration du PNDES II, à savoir :

  • la capitalisation des expériences passées, notamment celles acquises dans la mise en oeuvre du PNDES 2016-2020 ;
  • l’appropriation nationale et le leadership politique, qui seront assurés à travers la Commission Nationale de Planification, sous ma présidence ;
  • l’inclusion, par l’implication de toutes les parties prenantes dans le processus d’élaboration (Etat, collectivités locales, secteur privé, société civile et partenaires techniques et financiers) ;
  • l’accentuation de la logique de performance, avec la mise en place d’un processus crédible et pertinent de suivi-évaluation des actions planifiées sur la période 2021-2025 ;
  • l’alignement des politiques retenues sur les agendas internationaux du développement, en particulier, la vison post-2020 de la CEDEAO, la vision 2063 de l’Union Africaine et les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Comme vous pouvez vous en apercevoir, Mesdames et messieurs, les enjeux attachés au PNDES II sont considérables pour notre pays, pour nos populations et pour notre économie.

Aussi voudrais-je inviter les membres du Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, la société civile et le secteur privé à s’engager, à travers le cadre institutionnel mis en place pour le processus, et à ne ménager aucun effort pour que, ensemble, nous puissions gagner le pari de l’émergence de la Guinée à l’horizon 2040.

C’est sur cette exhortation et cette note d’espoir que je lance solennellement le processus d’élaboration du Plan National de Développement Économique et Social 2021-2025.

Je vous remercie !