Discours de Madame Kanny DIALLO, Gouverneure pour la Guinée à l’occasion de la 54ème Assemblée annuelle de la BAD et de la 45ème Assemblée annuelle du FAD

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Malabo, juin 2019

  • Monsieur le Président des Conseils des Gouverneurs,
  • Monsieur le Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement,
  • Mesdames et Messieurs les Gouverneurs
  • Mesdames et Messieurs.
  1. Je tiens tout d’abord à remercier le Gouvernement et le Peuple de la République de Guinée Equatoriale pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité réservés à ma délégation et à moi-même. Le choix de Malabo revêt tout un symbole, en ce que cette capitale, en pleine expansion, est l’illustration grandeur nature, d’une Afrique en marche, d’une Afrique prometteuse.
  2. Permettez-moi ensuite d’exprimer, au nom du Professeur Alpha CONDE, Président de la République, toute la satisfaction du gouvernement guinéen, au Docteur Akinwumi ADESINA, Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement, pour son leadership personnel, et surtout, pour ses efforts visant à conforter la BAD dans sa position de première institution de financement du développement en Afrique.
  3. Au cours des deux dernières années, nous avons été à l’école de l’émergence de l’Asie, avec les assemblées d’Ahmedabad en 2017 et de Busan en 2018. De nous retrouver cette année, en terre africaine, est une occasion de nous ressourcer pour mieux répondre aux défis persistants de développement du continent que sont le maintien des grands équilibres financiers de l’Etat, la viabilité de la dette, une trajectoire de croissance plus stable et créatrice d’emplois.

Mesdames et Messieurs.

  1. Les Assemblées de cette année se tiennent dans un contexte mondial marqué en 2018, par des tensions commerciales entre les grands pays développés, et autres facteurs de fragilité ayant contribué à un fléchissement de l’expansion mondiale.
  2. Malgré quelques signes de reprise de l’activité économique en ce début d’année 2019, « les perspectives de certains pays sont très moroses, avec des incertitudes considérables à court terme ».
  3. Pendant ce temps, notre continent a fait montre de sa capacité de résilience aux chocs externes. D’après le rapport 2019 de la BAD sur les perspectives économiques de l’Afrique, les performances économiques globales continuent de s’améliorer avec une croissance du PIB prévue à 4% pour l’année en cours et pour 2020, une croissance plus élevée que celles d’autres pays émergents ou en développement.
  4. L’un des messages clés de ce rapport est que les pays africains seraient mieux lotis en termes de croissance accélérée, de gains de productivité, de compétitivité accrue et de sécurité régionale, si leurs économies étaient plus intégrées. Nous retrouvons ici toute la pertinence du thème des Assemblées de cette année « l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique ».

Mesdames et Messieurs

  1. L’importance de l’intégration n’est plus à démontrer. En la matière les théories, les bonnes pratiques et les expériences en cours dans les diverses régions du continent, sont suffisamment édifiantes. En revanche, ce qui devra occuper nos réflexions, c’est comment la BAD devra renforcer son avantage comparatif pour aider à accélérer le rythme de l’intégration régionale en Afrique.
  2. A cet égard, il y a quatre voies possibles :
  • La BAD doit poursuivre et renforcer ses interventions dans les 3 piliers de son cadre stratégique d’intégration régionale à savoir la connectivité de l’infrastructure ; le commerce et l’investissement ; et l’intégration financière.
  • Et pour décupler l’impact de ces interventions, la Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC) entrée en vigueur en avril 2019, devra devenir effective à brève échéance. Nous voulons espérer que le prochain sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine prévu à Niamey en juillet prochain, définira la feuille de route à cet effet.
  • L’accélération de l’intégration régionale requiert en outre, une adaptation des instruments de financements pour permettre à la BAD d’appuyer un plus grand nombre de projets régionaux. Mais cette adaptation ne saurait se concrétiser sans ressources concessionnelles additionnelles. C’est pourquoi, nous soutenons aussi une augmentation générale du capital ainsi que la reconstitution du Cycle du FAD (Fonds Africain de Développement).
  • Par ailleurs les pays membres régionaux doivent œuvrer à promouvoir l’intégration régionale à travers leurs plans de développement et programmes nationaux d’investissements.
  1. Sur cette voie, la Guinée est bien avancée. Depuis toujours, la promotion de l’intégration régionale est une des priorités des autorités nationales. L’illustration en est le rôle de fondateur et d’animateur principal qu’a joué et que continue de jouer le pays dans ce domaine à travers l’OMVS (l’Organisation pour la Mise en valeur du fleuve Sénégal), l’OMVG (l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie), l’Union du fleuve Mano, la CEDEAO et surtout l’UA. Un ministère à part entière, est dédié à l’intégration africaine.
  2. En outre, les objectifs du Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020, en ce domaine sont de 3 ordres : (i) exploiter au maximum les avantages de l’intégration pour renforcer sa résilience sur le plan économique, social et environnemental ; (ii) limiter les risques de fragilité inhérents à un voisinage instable ; et (iii) accélérer le rythme de croissance et l’amélioration des conditions de vie des populations.
  3. La Guinée est soutenue dans sa politique d’intégration régionale par la BAD à travers 10 projets régionaux d’un montant de plus de 300 millions de dollars des Etats-Unis. Concentrés dans les secteurs de l’énergie, des routes et de l’environnement, ces projets bénéficient directement à 12 pays sur les 15 que comptent la CEDEAO.
  4. C’est dire que sur le chemin de l’intégration régionale, les acquis sont indéniables. Avec la ZLEC et le soutien politique de l’UA, les conditions seront réunies pour permettre à la BAD de passer à la vitesse supérieure. Je reste donc convaincue, que des présentes assisses, sortiront des orientations pertinentes à cet effet.

Vive la coopération internationale

Vive la coopération Guinée – Banque Africaine de Développement

Je vous remercie.